Concours Reine Elisabeth demi-finale

Concours International Reine Elisabeth 2017, demi-finale - Ivan Karizna et l'ORCW

  • Concours musical Reine Elisabeth



    Histoire du Concours musical Reine Elisabeth


    Le Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique (CMIREB) a lieu jusqu'au 30 mai 2015 à Bruxelles. Cela fait depuis plus de 75 ans que CMIREB réunit les jeunes talents musicaux du monde entier. Cette année sera consacrée au violon. Malgré ses 75 ans d’existence, connaissez-vous réellement le Concours ?
    Le Concours naît de la rencontre entre deux personnes que la passion de la musique réunit en 1900. Eugène Ysaÿe, professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, est au sommet de sa carrière de violoniste-virtuose. Elisabeth von Wittelsbach, duchesse de Bavière et épouse d’Albert de Belgique, possède une passion dévorante pour la musique et est très bonne violoniste.
    Lorsqu’ Albert monte sur le trône, l’amour de la musique de la Reine donne une dimension particulière à la scène culturelle belge. Parallèlement, Eugène Ysaÿe est nommé Maitre de Chapelle de la Cour en 1912, en espérant que ce sera un tremplin vers un poste au Conservatoire Royal de Bruxelles. Malheureusement, sa carrière de violoniste et sa virtuosité déclinent petit à petit. La Guerre l’éloigne de la Belgique. Après son poste de directeur de l’orchestre de Cincinnati (États-Unis, de 1918-1922), Ysaÿe n’aura plus réellement sa place en Belgique : postromantique et compositeur virtuose, il se cadre pas à l’esprit des Six Viennois dont fait partie Stravinsky.
    Eugène Ysaÿe - © archives CMIREB

    Prémices d’un concours internationalement reconnu
    Eugène Ysaÿe s’est lié d’amitié avec Anton Rubinstein. Il est alors très familier avec le concours qui portait son nom (Concours Anton Rubinstein, 1890-1910). Celui-ci se déroulait tous les 5 ans et était destinés aux pianistes-compositeurs. La Révolution russe a sonné le glas de cette compétition de prestige. D’autres concours, comme celui dédié à Chopin à Varsovie (fondé en 1927) et celui de Liszt (fondé en 1933) à Budapest, donnent des idées à Ysaÿe.
    Il souhaitait créer un concours au programme large (la musique contemporaine étant acceptée) dédié aux jeunes virtuoses dont la technique musicale et la sensibilité artistique seraient récompensées. Cette compétition assurerait ainsi un tremplin pour leur carrière naissante. Il avait également dans l’idée de rajouter un " test ultime " qui serait une œuvre inédite imposée aux musiciens et dont aucune aide pour les répétitions n’était acceptée.

    Concours Eugène Ysaÿe
    Le premier concours Ysaÿe, destiné logiquement au violon, voit le jour en 1937. Il est composé d’un jury international et extrêmement pointu sur les compétences artistiques des jeunes musiciens. Les épreuves sont imposées mais aucune œuvre inédite n’est proposée. Le prestige du compositeur associé au prestige de la Cour de Belgique (le Roi Albert et la Reine Elisabeth ont une aura universelle) fait se rassembler à Bruxelles l’élite de l’élite. Le palmarès est cependant uniforme : l’école soviétique rafle tous les prix.
    Lors de la 2e édition du concours dédiée au piano, le schéma est identique : l’école soviétique affirme sa maîtrise dans le domaine musical et ce, malgré une meilleure diversité. Cette édition remporte un succès impressionnant et se retrouve relayé par la radio et les autres médias de l’époque. Le mélange de sportivité et de qualité artistique en fait un événement incontournable et commence à retrouver des amateurs fidèles au poste.

  • Concours musical Reine Elisabeth

    La Chapelle Musicale Reine Elisabeth
    La Fondation Musicale Reine Elisabeth voit le jour quelques temps après le décès du violoniste afin de financer directement le concours Ysaÿe. Le mécène Paul de Launoit sera d’une aide précieuse dans la création de cette institution musicale audacieuse qui suit le modèle soviétique. Son but est d’améliorer les compétences de jeunes artistes déjà très doués dans leur domaine.
    La Guerre rendra la vie dure à la culture belge. Les scandales financiers de Charles Houdret, administrateur-directeur de la Fondation, amène à sa dissolution. Le tout combiné à la crise économique, au décès d’Albert Ier ainsi que celui d’Astrid remet à plus tard, tout projet artistique, la priorité étant la reconstruction économique du pays.
    S.M. la Reine Elisabeth et les lauréats (1951) - © archives CMIREB
    Naissance du Concours Reine Elisabeth
    Le printemps 1950 annonce la résurrection du concours Eugène Ysaÿe mais sous un autre nom. En effet, Marcel Cuvelier, directeur de la Société Philharmonique de Bruxelles (actuellement BOZAR Music) et fondateur des Jeunesse Musicales 1940 conseille à Sa Majesté la Reine Elisabeth de donner son nom au concours prestigieux. Dans la constitution de cette compétition, deux personnes font preuve d’un soutien sans précédent : Paul de Launoit, qui en deviendra le premier président, et Jean van Straelen, alors administrateur-secrétaire du Conservatoire Royal de Bruxelles.
    La 1ère édition a lieu en 1951 et sera donné chaque année tout en comportant un cycle quadriennal. À tour de rôle, quatre instruments sont mis à l’honneur : le violon (1951) ; le piano (1952) ; la composition (1953-2012) et la voix (1988). En 2015, les organisateurs du concours ont annoncé que l’année des 80 ans (2017) de la création du concours Eugène Ysaÿe inaugurera l’introduction du violoncelle dans la compétition, à la place de la composition. Le concours a fêté en 2012 ses 75 ans d’existence.
    Membre fondateur de la Fédération Mondiale des concours internationaux de musique (1957) basée à Genève, le CMIREB est considéré comme un des concours les plus prestigieux et les plus exigeants.
    Après le décès de la Reine Elisabeth en 1965, c’est la Reine Fabiola qui prendra la compétition sous son aile accompagnée du Comte Jean-Pierre de Launoit (fils de Paul de Launoit, président de 1978 à 2014). Depuis les décès de la Reine Fabiola et du Comte de Launoit en 2014, c’est la Reine Mathilde et le Baron Jan Huyghebaert qui reprennent le flambeau.
    Les lieux qui l’accueillent sont la Chapelle Reine Elisabeth pour la mise en loge des 12 finalistes mais aussi le Studio 4 de Flagey pour la demi-finale et la Salle Henri Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles principalement pour la finale.


    Mis en page Thierry Demaret