World War I: Battle Of Passchendaele 1/4 période de 1917

 

Contexte

 
Les deux premières lignes depuis la gauche (en rouge foncé) désignent la progression alliée avant la bataille de Passchendaele même.

Après le succès obtenu en juin 1917 lors de la bataille de Messines par les troupes britanniques du général Herbert PlumerDouglas Haig, le commandant en chef du BEF (British Expeditionary Force), estime qu'une percée est possible. Pour lancer son offensive, il choisit le secteur d'Ypres au sud-ouest de la Flandre, au nord-ouest de la Belgique. Grâce à ce nouvel assaut, Haig espère atteindre les bases de U-boots situés à Bruges, à 50 kilomètres du front. En effet, à cette période de la guerre, l'offensive sous-marine allemande avait atteint son apogée et commençait à peser fortement sur l’économie britannique.

Cependant, l'objectif principal est de déloger les Allemands de leurs positions sur la crête entre Westrozebeke et Broodseinde, ce avant l'hiver, et pouvoir réaliser la très attendue percée.

Le succès de l'offensive dépend essentiellement de sa vitesse d'exécution, puisque l'on sait par expérience que, dans cette zone, il y a au mieux trois semaines d'affilée sans pluie en cette saison. Or, la pluie continuelle ralentit les mouvements et condamne quasiment toute tentative d'assaut. Elle s'abat sur le secteur d'Ypres bien plus tôt que prévu : la boue fait son apparition et les cratères d'obus se transforment en dangereux bourbiers. Malgré ce contretemps climatique, l'offensive est maintenue : le centre du dispositif est confié à la Ve armée du général Hubert Gough, la droite à la IIe armée de Plumer et la gauche à la Ire armée française ( 1er et 36e CA) du général Anthoine. C’est la IVe armée allemande qui se trouve en face.

Déroulement

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Offensive du 31 juillet

L'offensive débute le 31 juillet à h 30 du matin, par un épais brouillard qui ne facilite pas la progression britannique. Rapidement, on s'aperçoit que l'avancée est plus difficile et plus lente que prévu. Toutefois, les troupes de l’Entente remportent quelques succès : au nord d'Ypres, l'armée française passe l'Yser sur vingt-neuf ponts jetés par le génie, s'empare de Steenstraate et de plusieurs lignes ennemies, dépassant ses objectifs, enlevant Bixchote (1re DI) et le fameux cabaret Korteker. Au centre, les Anglais s'enfoncent de trois kilomètres dans les lignes adverses et s'emparent de plusieurs villages organisés, entre autres celui de Saint-Julien. Cependant au sud-est, après la prise de la Basse Ville et de Hollebeke, la poussée vers la route Ypres-Menin est bloquée, notamment en raison d'une pluie incessante qui ralentit considérablement les mouvements de troupes. Ces deux semaines de pluie permettent aux Allemands de se réorganiser, et de faire face plus efficacement aux assauts britanniques.

Offensive du 16 août

Le 16 août, Haig lance une nouvelle offensive. La Ve armée de Gough est lancée contre la ligne Geluveld-Langemark. Les troupes françaises franchissent le Steenbeck et conquièrent la tête de pont de Drie-Gratchen. Les Anglais s'emparent de Langemark, mais l'avancée s'arrête là. Le moral des soldats britanniques s'effondre.

Offensive du 20 septembre

Étant donné l'échec de l'assaut du général Gough, Haig ordonne à la IIe armée de Plumer d'attaquer le plateau de Geluveld au nord de ses positions, mais au sud d'Ypres. La troisième offensive de la bataille de Passchendaele débute le 20 septembre à h 40 : quatre divisions, dont deux australiennes incluant un régiment sud-africain, se lancent à l'assaut d'un front de six kilomètres entre Klein Zillebeke et le Westhoek. La progression des Britanniques se fait mètre par mètre et ceux-ci subissent les constantes contre-attaques des troupes allemandes. Pour la première fois dans un conflit, celles-ci utilisent du gaz moutarde, plus tard baptisé ypérite, du nom de la ville d'Ypres (22 avril 19151). Les victimes de ce gazage ne se comptent pas seulement dans les troupes anglaises, mais aussi dans les troupes belges qui tiennent la voie ferrée Ypres-Roulers d'où leur artillerie soutient la progression anglaise. Une division anglaise atteint presque le village de Geluveld et le bois du Polygone est conquis. Au nord, la Ve armée progresse jusqu'à Zonnebeke.

Les Australiens combattirent également en Belgique à la Bataille de Passchendaele ou 3e Bataille d’Ypres du 22 juillet au 6 novembre 1917. Lors de la deuxième phase de la bataille, la 2e division australienne prit part à la Bataille de la route de Menin avec la 1re Division australienne et la 9e Division écossaise. Le 22 septembre, la 4e Division australienne relevait la 2e. Du 29 septembre au 1er octobre 1917, la 2e Division australienne prit part à la Bataille de Broodseinde. Le 4 octobre lors d’une attaque allemande qui fut repoussée, la 2e Division atteint tous ses objectifs au prix de 2 174 victimes. À la Bataille de Poelcappelle qui début le 9 octobre sur un sol boueux, la 2e Division ne put gagner du terrain mais tint ses positions jusqu’au 27 octobre 1917 où elle fut relevée.

Offensive du 6 novembre

L'ultime offensive, fixée le 6 novembre à six heures, est confiée au Corps canadien de Currie et a pour objectif les villages de Passchendaele (actuellement Passendale) et de Mosselmarkt, et la crête au-delà. Les 1re et 2e divisions, appuyées par un puissant barrage d'artillerie, enlèvent les deux villages en deux heures avec des pertes s'élevant à 2 238 hommes.

Enfin, le dernier assaut du 10 novembre permet d'atteindre le reste des hautes terres surplombant Ypres, et de les prendre malgré les tirs allemands. La bataille de Passchendaele, connue également sous le nom de troisième bataille d'Ypres, s'arrête là.

Les Canadiens à Passchendaelel

À l'automne 1917, après le grand succès de l'armée canadienne à la bataille de la crête de Vimy en avril de la même année, on envoie celle-ci dans le sud de la Belgique.

Au début du mois d'octobre, les Canadiens sont envoyés pour prendre la relève de l'ANZAC et participer à l'offensive visant à prendre Passchendaele.

Le 26 octobre, l'offensive canadienne commence. La réussite de la bataille amère de Passchendaele tient à l'héroïsme des hommes qui sont parvenus à franchir les zones ennemies malgré la résistance farouche qu'on leur opposait. L'avancée dans la boue et sous les tirs ennemis est lente, et les pertes sont lourdes. Malgré l'adversité, les Canadiens atteignent les abords de Passchendaele le 30 octobre, à la fin de la seconde attaque, sous une pluie battante.

 

 

mis en page  Thierry Demaret